Il existe différents types d’abus incluant les abus sexuels, émotionnels et les mauvais traitements physiques. Quelques fois, il peut y avoir abus par négligence, par exemple, priver quelqu’un de nourriture, ne pas lui assurer des soins de santé adéquats, etc. La personne qui abuse peut être le père, la mère, un frère ou une sœur ou quelqu’un d’une famille d’accueil.
C’est difficile d’en parler.
Les jeunes qui ont été abusés dans leur famille ont souvent beaucoup de difficulté à en parler.
• Les jeunes victimes peuvent peut craindre qu’après en avoir parlé, on les éloignera de leur famille et de leurs ami(e)s.
• Ils peuvent avoir peur des problèmes causés à la famille; il y aura peut-être éclatement de la famille.
• Il est possible que l’abuseur ait menacé la victime si elle en parle, la blâmant même pour ce qui est arrivé. Ils ont aussi peur que personne ne croit leur histoire.
• L’adolescent(e) peut craindre que leurs parents ne les laisseront pas sortir avec leurs ami)e)s.
• La plupart des victimes d’abus se sentent honteuses, coupables, beaucoup ont un faible estime d’elles-mêmes et un manque de confiance en leurs habiletés à dévoiler leur histoire.
Ton ami(e) t’a fait confiance.
Si ton ami(e) vient te parler d’un abus ça signifie que tu es une personne en qui il ou elle a vraiment confiance. C’est important de maintenir cette confiance de manière à pouvoir l’aider à se sortir de la situation d’abus. Tu es peut-être la seule personne au courant de la situation abusive. Ça met beaucoup de responsabilités sur tes épaules. Mais tu ne dois pas gérer ce problème tout seul, c’est trop important pour ton ami(e) et pour toi.
Ce n’est pas un secret que tu peux garder, même au risque de perdre ton ami(e). Il existe tellement d’obstacles auxquels ton ami(e) doit faire face pour en parler qu’il/elle peut préférer ne pas en parler à un adulte. Si ton ami(e) t’en a parlé, c’est qu’il/elle veut de l’aide et que l’abus cesse. Le seul moyen d’y arriver, c’est de demander de l’aide à un adulte ou aux autorités compétentes.
Parle de l’abus à un adulte.
L’abus doit être dévoilé à un adulte. Tu peux en parler à un professeur, un docteur, tes parents, etc.
Tu n’es pas obligé de dévoiler à un adulte sans que ton ami(e) le sache. Dis à ton ami(e) que pour assurer sa sécurité, tu devras probablement en parler à un adulte en qui tu as confiance. Tu peux offrir à ton ami(e) de l’accompagner chez un professionnel ou une agence de protection de la jeunesse pour l’aider à dévoiler son abus. Tu montreras à ton ami(e) que tu te fais du souci et il/elle se sentira plus en sécurité si tu l’aides à dévoiler l’abus à un adulte plutôt que de le faire à sa place.
Même si ton ami(e) ne veut pas que tu en parles, tu dois t’assurer qu’un adulte est au courant. Le fait de ne pas en parler peut mettre ton ami(e) en danger. Ton ami(e) peut être fâché contre toi mais dis-toi que c’est mieux de perdre un(e) ami(e) qui est en sécurité que de garder un(e) ami(e) toujours triste et d’être constamment tracassé et impuissant face au problème parce que rien ne change.
L’adulte à qui tu t’es confié, si ce n’est pas un policier ou un agent de la protection de la jeunesse doit avertir les autorités compétentes. Au Canada, l’adulte qui suspecte qu’il y a abus doit obligatoirement le rapporter aux autorités compétentes.
Si tu n’es pas satisfait de l’aide apportée après en avoir parlé à un adulte, parles-en à nouveau jusqu'à ce que ton ami)e) soit aidé(e).
Qu’est-ce que je peux faire d’autre ?
Si tu crois avoir un(e) ami(e) qui se fait abuser, tu peux l’aider de plusieurs façons.
- Reste calme si c’est possible. N’essai pas de précipiter les choses.
- Écoute ce que ton ami(e) a à dire; essai de voir quelles sont ses peurs, ce qu’il (elle) veut maintenant et dans le futur.
- Laisse lui savoir que tu le (la) crois et que l’abus n’est pas de sa faute
- Laisse lui savoir que tu es là pour en parler si besoin et que tu vas l’aider à trouver des solutions.
- Dis-lui qu’il y a des secrets que tu peux garder et d’autres que tu ne peux pas garder. Tu garderais le secret si ton ami(e) te disait avoir des relations sexuelles avec un(e) ami(e), mais pas s’il /elle a été abusé(e) par une personne de sa famille.
- Dis-lui que ça peut être pénible de tout révéler à un adulte, mais que dès que les professionnels sont impliqués, avec le temps, ton ami(e) se sentira probablement mieux. C’est un moment difficile à passer, mais les années à venir seront tout probablement sans abus et c’est ce que ton ami(e) veut.
- Ne promet rien. Tu n’as pas tous les éléments du problème.
- Reste ami(e). Sort avec ton ami(e), va magasiner, voir un film, parle de musique ou de vos acteurs et actrices préférés. Met un peu de joie et d’humour dans ces moments difficiles pour ton ami(e).
Souviens-toi que tu n’es pas responsable de ce que les adultes ou les autorités compétentes vont faire pour ton ami (e) et sa famille. Tu es seulement responsable de dévoiler l’abus à un adulte ou aux autorités compétentes.
Qu’est-ce que tu peux faire si tu te sens incapable de supporter la situation ?
Il faut aussi que tu prennes soin de toi. Savoir qu’un(e) ami(e) se fait abuser peut être très stressant et te bouleverser. Si tu te sens incapable d’écouter ce que ton ami(e) a à te dire, dis-lui. Ça peut paraître cruel, mais tu dois penser à toi aussi. De plus, si tu ne peux pas écouter ce que ton ami(e) a à te dire, tu ne pourras pas vraiment aider.
Si tu as dit à ton ami(e) que c’était trop difficile de l’écouter te parler de ses problèmes d’abus, assures toi que quelqu’un est au courant, comme tes parents, un professeur, un animateur jeunesse, un conseiller scolaire, etc. Sois aussi certain(e) que cette personne prend la situation en main et aide ton ami(e).
Tu peux quand même rester son ami(e) et lui apporter quelque chose de gai et de positif dans toutes ses épreuves.