Tu t’inquiètes de ta vie privée comme tout le monde. Il y a toujours des sujets qu’on préfère garder pour nous-mêmes et ne pas partager avec nos parents. Même si tes parents montrent une ouverture d’esprit avec toi, il y a des choses que tu n’aimerais peut-être pas discuter avec eux ou que tu n’aimerais pas qu’ils connaissent pour le moment et c’est normal. Mais si tu parles avec ton médecin, est-ce que te parents connaîtront le contenu de votre conversation ?
Dans la plupart des cas, la relation avec ton médecin est confidentielle. C’est-à-dire que ce que tu dis à ton médecin, et ce qu’il te dit, reste entre vous deux seulement.
Dans chaque province du Canada, l’âge où tu peux obtenir des soins sans le consentement de tes parents et en toute confidentialité peut varier. Aussi, chaque province a des lois différentes à propos de ce qui devrait être confidentiel et ce qui doit être déclaré aux autorités compétentes. Avant de prendre rendez-vous, appelle le médecin ou la clinique où tu désires consulter et demande ce qui est confidentiel. Aussi, dans le bureau du médecin, tu peux lui demander ce qu’il est obligé de déclarer aux autorités de protection de la jeunesse ou à la police ou à tes parents.
Mais il ne faut pas oublier que partout au Canada, avant l’âge de 16 à 18 ans selon les provinces, il y a certaines choses qui ne peuvent pas être gardées secrètes entre toi et ton docteur. Par exemple, si tu es victime d’abus sexuel ou d’agression sexuelle, de mauvais traitements physiques et de négligence grave. La loi oblige la personne qui connaît ou même simplement soupçonne ces situations de les rapporter aux autorités compétentes, la plupart du temps aux agences de protection de la jeunesse. De plus, il se peut que ton médecin doive aviser tes parents ou les autorités compétentes si tu risques d’attenter à ta vie ou à celles des autres.
Pour les problèmes reliés à ta sexualité et ta vie intime, il arrive parfois que tu es mal à l’aise d’en parler avec ton médecin de famille. Probablement la confidentialité te préoccupe surtout pour ces questions :
* tu te questionnes à savoir si tu auras des activités sexuelles bientôt et tu aimerais avoir des informations sur la sexualité ;
* ou tu as déjà eu des relations sexuelles et tu t’inquiètes d’être enceinte ou tu veux savoir où t'adresser pour obtenir des renseignements sur les méthodes de contraception;
* tu t'inquiètes des infections transmises sexuellement (ITS) ou tu veux savoir si tu en as une.
* Cependant, si tu consultes ton médecin de famille, tu as peur que tes parents l'apprennent.
Et bien, un médecin ne va généralement pas dire à tes parents que tu as des activités sexuelles ou une ITS ou que tu utilises une méthode contraceptive pour prévenir une grossesse. C’est le rôle du médecin de prendre soin de ta santé, pas de te juger. La plupart des lois provinciales protègent la confidentialité dans ces situations, toujours en fonction de ton âge.
Si tu n’es pas certain(e) de la confidentialité ou si tu n’es pas content(e) ou pas satisfait(e) de ton médecin, il existe des cliniques ou des médecins pour les adolescents que tu peux consulter pour de l’information et des soins. Ces cliniques peuvent même te faire passer certains tests, comme un test de grossesse, te prescrire de la contraception et traiter une ITS gratuitement ou à très peu de frais. Tu peux t’informer auprès de l’infirmière scolaire qui souvent connaît ces cliniques ou ces médecins pour adolescents.
Lois provinciales
Voici un bref résumé des lois provinciales. Toutefois, informes-toi auprès de ton médecin ou du gouvernement provincial car les lois peuvent changer.
Au Canada, la loi précise qu’un mineur peut consentir à un traitement médical, en autant que le médecin est satisfait que le mineur a la capacité de comprendre la nature, le but et les conséquences possibles du traitement proposé.
Il est utile de rappeler que lorsqu’on reconnaît à un mineur la capacité de consentir, le médecin a l’obligation de respecter la confidentialité comme si c’était un adulte.
Pour les provinces qui n’ont pas de lois spécifiques sur le consentement, les principes énoncés ci-dessus en rapport avec le consentement s’appliquent. Toutefois, plusieurs provinces ont des lois qui précisent quand et comment un mineur (jeune de moins de 18 ans) peut consentir à des traitements médicaux. Nous en donnons un bref aperçu. Les lois qui concernent la protection de la jeunesse ou la santé mentale ne sont pas mentionnées.
Île du Prince Édouard : il n’y a rien dans la loi qui précise à quel âge un mineur peut consentir à un traitement médical. Toutefois, il est mentionné qu’aucune intervention chirurgicale ne peut être effectuée sans le consentement écrit des parents ou tuteurs, si le patient n’est pas marié et a moins de 18 ans.
Nouveau Brunswick : il est écrit que les mineurs âgés de 16 ans et plus sont considérés comme des adultes en ce qui concerne le consentement aux traitements médicaux.
Aussi, les mineurs âgés de moins de 16 ans peuvent consentir aux traitements médicaux si, de l’opinion d’un médecin légalement qualifié et de l’opinion écrite d’un autre :
* le mineur est capable de comprendre la nature et les conséquences du traitement médical
* le traitement médical et les procédures envisagés sont dans le meilleur intérêt du mineur.
Québec: un mineur âgé de 14 ans et plus peut consentir aux soins de santé. Si un mineur doit demeurer dans une institution de santé pour plus de 12 heures, les parents ou tuteurs doivent en être informés. Le consentement des parents ou tuteurs est requis si les soins comportent un risque sérieux pour la santé du mineur ou peut lui causer des effets graves et permanents.
L’autorisation de la cour est nécessaire pour obliger un mineur de 14 ans et plus à des soins s’il refuse, sauf en cas d’urgence, si la vie du mineur est en danger ou son intégrité menacée, auquel cas le consentement des parents ou tuteurs est suffisant.
Ontario : une personne est capable de consentir à un traitement ou à son admission dans un centre de santé si cette personne peut comprendre l’information pertinente pour prendre une décision sur ce traitement ou saisir les conséquences d’une décision ou d’une absence de décision.
Lorsque le professionnel de la santé croit que la personne est incapable de comprendre la nature d’un traitement, il doit obtenir le consentement des parents ou gardiens. Une personne peut être jugée incapable de prendre une décision face à certains traitements et capable face à d’autres. Aucune chirurgie ne peut être faite si les parents ou gardiens n’ont pas signé le consentement si le patient n’est pas marié ou est âgé de moins de 16 ans.
Manitoba : les personnes âgées de 16 ans et plus sont présumées avoir la capacité de prendre des décisions au sujet de leur santé et de consentir. Une personne a la capacité de prendre des décisions au sujet de sa santé si elle est capable de comprendre l’information pertinente en rapport avec cette décision et capable d’apprécier les conséquences de cette décision.
Saskatchewan : le consentement écrit doit être obtenu des parents ou tuteurs pour une chirurgie si le patient n’est pas marié et a moins de 18 ans.
Colombie-Britannique : un mineur peut consentir seul aux soins de santé. Le consentement est valide si le professionnel de la santé a expliqué au mineur et est satisfait que le mineur comprend la nature, les conséquences, les bénéfices et les risques du traitement.