Suicide

Je pense souvent à me suicider, est-ce que c’est normal, qu’est-ce que je peux faire?

Tu n’es pas seul(e). Penser au suicide est assez courant durant l’adolescence. On sait que près de 35% des adolescent(e)s auront des idées suicidaires. Ce n’est donc pas toujours un problème de penser au suicide. Ça peut être normal si ça ne dure pas et si ce n’est pas une pensée envahissante.

Qu’est-ce qui te pousse à penser au suicide?

Plutôt que de te demander si penser au suicide est normal, essaie de te demander et de comprendre qu’est-ce qui fait en sorte que tu y penses et comment tu y penses. Les trois situations suivantes peuvent t’aider à comprendre.

Première possibilité. Depuis quelques temps, tu es un peu confus ou tu te sens de mauvaise humeur ou tu as coulé un examen important à l’école. Des pensées suicidaires te passent par la tête pendant quelques minutes ou une journée ou quelques fois dans une semaine mais sans que ce soit des pensées très fortes. Tu penses seulement à l’idée du suicide. Tu ne penses pas à le planifier. En fait, tu voudrais éviter des situations difficiles ou tristes mais tu sais au fond de toi que tu peux y faire face. Si ça correspond à ton état actuel, il se peut que tu sois trop stressé, un peu sur la déprime, mais ces sentiments sont temporaires et probablement vont disparaître.

Deuxième possibilité. Tu y penses à chaque jour depuis quelques semaines Tu penses au suicide parce que tu n’as plus de raison de vivre, tu ne crois plus en rien, même pas en toi-même. Tu commences à planifier la manière dont tu vas t’y prendre, où, quand, si tu vas écrire une lettre à tes parents ou à quelqu’un d’autres. Tu te sens déprimé. Tu es submergé par tout ce que tu as à faire et par toute la pression qui est mise sur tes épaules par tes parents, les professeurs, ton entraîneur, etc. Ou tu as perdu quelqu’un qui t’était cher et tu ne peux pas supporter cette perte plus longtemps. Ou peut-être tu es homosexuel(le) et tu ne crois pas que tu peux le dire à ton entourage. Tu crois vraiment que la seule solution est de te suicider et cette idée hante ton esprit. Plus tu y penses, plus cette solution t’apparaît la meilleure façon de faire cesser la souffrance et la douleur. Tout ceci peut être le signe d’une sérieuse dépression. C’est important de te rappeler que tu n’es pas seule(e) ainsi. Tu trouveras plus loin des suggestions sur comment et où demander de l’aide et sur ce que tu peux faire.

Troisième possibilité. Des pensées suicidaires très fortes sont venues de nulle part, possiblement parce que quelque chose est arrivé qui te fait croire que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Ainsi, il se peut que tu viennes de rompre avec ta blonde ou ton chum. C’est la fin du monde et la fin de ta vie; tu n’es plus bon(ne) à rien. Tout va très vite dans ton esprit. En une journée, tu te retrouves dans un cul de sac, tu ne vois pas d’autre solution et tu planifies alors ton suicide. Ceci est un signe de stress sévère; il est important de réaliser que tu as besoin de parler à quelqu’un et que tu as besoin d’aide pour faire face à ces sentiments.

Qu’est ce que tu peux faire?

Si tu es stressé, apprend à relaxer. Si tu as plein de choses à faire et que tu ne peux faire face à la pression, décide ce qui est important, ce qui peut attendre et concentre toi sur ce qui est le plus important.

Si tu es un peu triste ou de mauvaise humeur :

  • Parle à des ami(e)s
  • Vas dans les magasins
  • Fais du sport, prend une marche ou fait de la course
  • Loue un film drôle
  • Si rien de tout ceci ne fonctionne, parle à un adulte à l’école ou ailleurs.

Si tu penses au suicide souvent ou tous les jours ou si c’est une pensée très forte ou si tu n’envisages pas d’autre solution à tes problèmes, tu dois alors faire quelque chose pour t’en sortir. Tu pourrais avoir tendance à rester isolé(e) ou à te refermer, mais tu ne dois pas garder ça en dedans.

Voici quelques suggestions :

Parle de ce que tu penses et ressens à quelqu’un en qui tu as confiance, comme un membre de ta famille, un ami(e) ou un professionnel de la santé. Si tu ne peux pas parler à ces personnes ou qu’aucune n’est disponible, appelle « jeunesse, j'écoute».

Ne t’enlèves pas la vie. Il y a d’autres solutions.

Écris ce que tu penses dans ton journal. Ce faisant, tu trouveras peut-être des solutions à tes problèmes. Quand tu écris, ça te force à être honnête avec toi-même et tu peux mieux pointer ce qui ne va pas et ce qui te déprime.

Faire quelque chose d’artistique comme dessiner peut aussi t’aider à exprimer tes sentiments.

Aussi, souviens toi comme tu comptes aux yeux des autres, comme tes ami(e)s, tes frères et sœurs, tes parents, ta parenté, ton professeur, etc. Tu peux l’oublier quand tu es triste, mais il y a quelqu’un dans ce monde qui t’apprécie.

Pense à tes rêves et tes espoirs pour l’avenir.

Souviens toi que la douleur que tu ressens dans un moment comme celui-ci est sûrement très intense et c’est comme si ça allait durer pour toujours, mais avec de l’aide, cette douleur va se calmer.

Évidemment, tu as le choix, mais souviens toi que tu as ce qu’il faut pour faire la différence, et il y a toujours la possibilité d’être aidé si tu cherches vraiment.

Jeunesse J’écoute (1-800-668-6868)
www.jeunesse.sympatico.ca/
C’est une ligne téléphonique canadienne, gratuite, où tu peux parler à une personne qui t’aide et te conseille. Leur site Internet offre des renseignements sur les problèmes courant des jeunes.

Qu’est ce que je peux faire si mon ami(e) me dit qu’il (elle) veut se suicider et me fait promettre d’en parler à personne ?

Ça peut être assez effrayant d’entendre une telle chose d’un ami(e). Tu te trouves coincé(e) dans une situation délicate. Déchiré(e) entre le danger de perdre ton ami(e) pour de bon et le risque de perdre son amitié si tu brises ta promesse de garder le silence. Ce ne sera pas facile de passer à travers ce moment difficile, mais c’est possible.

Premièrement, ne panique pas. Prends une bonne respiration et reste calme. Tu peux faire certaines choses qui pourront t’aider à décider si tu as besoin d’agir immédiatement.

Écoute ton ami(e)

Commence par écouter ton ami(e) pour découvrir ce qui le/la pousse à se sentir suicidaire. Parle lui ouvertement du suicide, de ses problèmes ainsi que des raisons pour vouloir mettre fin à ses jours.

Tout en écoutant ton ami(e), ne juge pas ses motifs pour vouloir se suicider. Quelque chose de très stressant et d’horrible pour ton ami(e), peut, de ton point de vue, ne pas sembler si dramatique. Soit positif(ve) et compréhensif(ve). Montre à ton ami(e) que tu t’inquiètes et que tu veux aider.

Essai de découvrir…

Après avoir écouté ton ami(e), essaie de savoir depuis combien de temps il (elle) à des idées suicidaires et s’il (elle) a planifié comment il ou elle allait se suicider. Ça peut paraître bizarre, mais c’est une des façons de savoir si ton ami(e) est vraiment prêt(e) à se suicider. Voici quelques questions que tu pourrais poser à propos de leur plan :

  • Comment est-ce qu’il (elle) prévoit se suicider?
  • Où est-ce qu’il (elle) prévoit se suicider ?
  • Quand est-ce qu’il (elle) prévoit passer à l’acte ?

Demande s’il/elle en a parlé à d’autres que toi. Essaie de savoir s’il y a quelqu’un en qui il/elle a confiance à part toi et à qui il/elle pourrait parler de ses intentions.  Encourage le/la à parler à un professionnel de la santé mentale

Demande à ton ami(e) ce qu’il (elle) attend de toi. C’est correct que tu lui dises que tu n’es pas un expert. Tu peux aussi lui demander pourquoi c’est à toi qu’il (elle) est venu(e) se confier et pourquoi il (elle) t’a demandé de promettre de ne pas en parler.

  • Offre du soutien
  • Offre du soutien à ton ami(e). Crois ce qu’il (elle) te dit sans juger ce qu’il (elle) ressent.

Laisse-lui savoir et montre-lui que tu te fais du souci, car souvent les personnes suicidaires s’isolent et se sentent seules, pensant qu’il n’existe aucune solution à leurs problèmes et personnes pour les aider. Explique-lui que peu importe ce qu’il (elle) pense, il (elle) est important(e) pour toi et pour plusieurs autres; et que si il (elle) meurt, il (elle) va beaucoup te manquer.

Ne lui dis pas des choses dans le genre « tout va s’arranger». Les choses peuvent bien aller si ton ami(e) consulte un professionnel et qu’ensemble, ils trouvent une solution.

Parles en à un adulte

Écouter, soutenir et évaluer la situation n’est qu'un début. Par la suite, il faut alors que tu réagisses et que tu fasses quelque chose. Avec ce que tu as entendu, tu sais maintenant si tu dois agir immédiatement ou dans la journée qui vient.

Si tu penses que ton ami(e) va vraiment tenter de se suicider, alors c’est important que tu réagisses vite. En te faisant part de son désir de se suicider ton ami(e) te demande en même temps de l’aide, même s’il (elle) dit ne pas vouloir que tu en parles à personne.

Tu dois t’assurer que ton ami reçoive une aide psychologique adéquate pour l’aider à combattre ses idées suicidaires. Tu dois alors nécessairement en parler à quelqu’un. Parles en à un adulte en qui tu as pleinement confiance; ce peut être un parent, un professeur, une infirmière, un médecin, un animateur de groupe jeunesse. Dit leur ce que ton ami(e) t’a raconté. Ils pourront t’aider à décider ce qu’il faut faire alors.

Si tu crois que ton ami(e) risque de se suicider dans l’immédiat, avertis ses parents si la situation le permet, c’est-à-dire si les pensées suicidaires ne sont pas dues à des abus de la part des parents. Tu peux aussi emmener ton ami(e) à l’urgence de l’hôpital le plus proche. Si ton ami(e) est en danger, l’hôpital peut lui fournir les soins psychologiques nécessaires.

Si ton ami(e) se fâche contre toi parce que tu as révélé le secret, répond lui calmement que comme ami(e), tu t’inquiétais et que tu ne pouvais pas rester là à ne rien faire et à attendre qu’il/elle meurt.

Ne te brûle pas à la tâche. Tu n’es pas responsable de tout.

Assures toi que tu n’es pas en train de te brûler à la tâche. C’est difficile d’aider quelqu’un qui désire se suicider. Ça prend beaucoup de temps et d’énergie. Si tu sens que tu as besoin de parler de tes sentiments avec quelqu’un, c’est correct et même c’est une très bonne idée. Tu ne seras pas capable d’aider ton ami(e) si tu te sens trop mal. Si tu sens que tu n’as plus la force d’aider ton ami(e) suicidaire, c’est correct de te retirer et de ne plus t’occuper de lui(elle). Par contre, assure-toi que quelqu’un d’autre est au courant des idées suicidaires de ton ami(e) et qu’il/elle n’est pas laissé(e) sans personne pour l’aider. Il est important que tu saches que tu n’es pas responsable des problèmes de ton ami(e), surtout quand c’est si sérieux. Ta seule responsabilité est d’en parler à un adulte et d’être certain qu’il comprend et aide ton ami(e). Par la suite, le reste ne dépend plus de toi mais d’un professionnel.

Ton ami(e) est chanceux d’avoir un(e) ami(e)s comme toi. Tu as ce qu’il faut pour l’aider à faire une différence dans son destin.

Tu peux appeler « jeunesse, j’écoute » pour savoir si tu fais comme il faut ou si tu as des problèmes à décider quoi faire.

Jeunesse J’écoute (1-800-668-6868)
www.jeunesse.sympatico.ca/
C’est une ligne téléphonique canadienne, gratuite, où tu peux parler à une personne qui t’aide et te conseille. Leur site Internet offre des renseignements sur les problèmes courant des jeunes.

Extra

Si tu veux en savoir un peu plus, tu peux consulter ces sites Internet:

 
 


Site développé et offert par l'Association canadienne pour la santé des adolescents
Dernière modification: 2006-01-31